Vous voyez, avant j'étais une fanatique d'équidia.
Je ne loupais aucun concours de CSO le dimanche soir
Je tremblais pour les cavaliers, et je stressais surement autant qu'eux.
Je les reconnaissais avant le présentateur.
Je connaissais leurs chevaux par coeur.
J'admirais tous leurs équitations.
Je rêvais de les voir un jour, même de loin, juste les voir de met propre yeux
Comme pour me persuader qu'ils existaient vraiment.
Que leurs équitations existaient vraiment.
Que leur chevaux existaient vraiment.
Cet été [ Grace à Nina et à sa famille] et bien j'ai été au Championnat d'Europe
Nan nan nan, attendez une seconde. On était pas seulement des spéctatrices, suportrices de la France expatriées en Allemagne, nan nan nan, on était bien plus que ca. On était bénévole. Un mot qui peut faire peur à première vue. Qui nous a fait peur le 1er jour. Mais vous savez, quand vous voyez ces gros camions arriver, se garer, et que vous voyez les chevaux que vous avez admiré à la télé en sortir. Et bien là, oui c'est juste là que ca commence.
Alors quand vous cotoyez ces cavaliers, ces grooms et ces chevaux pendant d'abord une journée, que vous parlez avec eux, que vous caressez ces chevaux. Vous aimeriez leur dire tellement de chose. Vous pensez alors que le lendemain tout redeviendrais normal, vous retourneriez accrocher des banderolles le long des carrières. Même pas.
Le lendemain vous faites connaissance avec France 3 Normandie ou alors Equidia, Les Haras nationaux et même des grooms Belges [ Ou Ukrainien pour certaine]. " Vous êtes Française ?" oui oui nous le sommes "Et vous êtes cavalières?" oui oui!
Tous les jours, vous faites de nouvelles connaissances, vous parlez un peu plus avec les gens.
Et puis jusqu'au jour ou vous croisez Méredith Michaels Beerbaum. Là vous vous dites, que c'est elle que vous admirez à la télé. Qui gagne tout. C'est elle la championne de la discipline. C'est elle dont vous admirez l'équitation toute entière et ses chevaux si spéciaux. Et elle, elle est là juste à côté de vous, de l'autre côté vous voyez Marcus Ehning, cet allemand qui fait tellement parlé de lui par son équitation, vous croisez le regard de Christian Alhmann, pas loin, vous aperçevez Jessica Kürten, Florian Angot, Jos Lansink. Vous pouriez paniquer, vous jeter dessus, leur demander un autographe, ou même un bizoo.
Ce n'est pas ce que j'ai fais. Pas d'autographe, pas de bizoo. Juste un énorme sourire et des étoiles qui brillaient par milliard dans mes yeux. Une sensation de bien être. Oui j'étais bien là bas. J'étais là ou il fallait. Là ou il fallait que je sois.
Les épreuves ont commencé, et là, en tant que bonne suportrice de la France, on était décorée de drapeau français même quand tout s'est éteint.
On a rencontré des selliers français à qui on a parlé.
Je sais pas, là bas, y avait un truc.
Peut être que c'était le fait que le championnat avait lieu en Allemagne, on sait tous que les Allemands nous réserve toujours des magnifiques concours. Des concours ou tout est bien organisé, ou tout est clair, avec un peu de stress et de magie.
Vous savez le samedi, le soir de la cloture du championnat. Il y avait ce feu d'artifice, et la musique. Cette ambiance qui voulait dire "C'était bien beau, mais c'est terminé" et puis là tout se confond dans votre tête. Vous vous passez tous ces moments en boucle et puis vous ne savez plus quoi faire, les larmes montent, vous vous revoyez le premier jour quand vous installiez ces fichus banderolles et que vous aviez juste envie que cela se termine. Vous repensez à toutes ses rencontres que vous pensiez ne jamais faire. A tous ses cavaliers et ces grooms rencontrés. Et puis vous pleurez parce que vous pensez que vos larmes vous aideront à aller mieux. Qu'il faut tout lacher maintenant pour ne pas garder pour toujours. Vous pensez que le lendemain en vous levant, vous aurez oublié tout ca. Non car le lendemain c'est la final. Et qu'il faut encore être là. Et c'est encore plus dure, car vous savez que c'est la dernière fois que vous remettez les pieds ici. Et que votre rêve, si beau, si doux, est en train de devenir flou.
Quand le soleil se couche sur Mannheim. Que les camions partent, vous prenez le Tram pour rentré "chez vous". Vous ne quittez pas des yeux ces tribunes que l'on voit de loin. Vous ne quittez pas des yeux ce logo reconnaissable parmis mille. Vous ne quittez pas des yeux tout vos souvenirs que vous esperez ne jamais perdre.
Cette sensation d'avoir oublié quelque chose là bas.
Puis vous vous éloignez. Et vous vous rendez compte que ce que vous avez oublié là bas, c'est une partie de vous. Alors vous aimeriez demander au chauffeur de faire demi tour mais c'est impossible vous ne parlez pas leur langue.
Vous regardez dans le vide. Le coeur gros, la gorge serrée. Les larmes là, juste au bord. Mais vous leur dites de ce tenir. Que bientôt elles pourront couler, quand on rentrera à la maison.
A la maison.
Et puis vous esseyerez de reprendre vos habitudes. Mais tous les soirs, vous resentirez cet énorme vide. Les larmes viendront et elles couleront et bientôt elles vous brûleront les yeux.
Chaque jour vous y repenserais.
Chaque jour, sans exeption.
Vous vous direz que finalement c'était peut être un rêve.
Mais maintenant quand vous regardez Equidia, vous avez cette sorte de pincement. C'est plus pareil. Vous les avez vu, de vos propres yeux. Avec un peu de chance vous avez parlé à certain.
Sauf qu'aujourd'hui vous êtes devant votre télé à les regarder alors que y a pas si longtemps vous étiez avec eux.
Oui c'est vrai je devrais être heureuse d'avoir été à ce championnat. Je devrais pas me plaindre. Beaucoup en mourrait d'envie.
Mais vous ne savez pas que parler d'eux me fait tourner la tête depuis toujours.
Alors oui y parait que j'ai changé depuis que je suis revenue.
Mais comment ne pas revenir transformer?
J'essaye de tourner la page,
C'est pas faute d'avoir essayé,
J'essaye,
Mais j'y arrive pas. Et j'ai l'impression que je pourrais jamais.
Et puis si je ne voulais pas?
Photo: Reve de Pomme
Là bas c'était plus simple <3